On sortit du placard du croisement du couloir A et B, personne n'était dans les couloirs, ce qui m'étonnait, pourtant il était 10 heures, c'était la récré, tout le monde devrai être là! De temps en temps, on entendait des petits glougloutements dans les murs et quelques cris étouffés d'élèves qui provenaient de l'étage.
-C'est pas normal! remarquai-je.Ce couloir devrai être bondé de monde. Il y a un truc qui cloche!
-C'est pour ça qu'on est là, ne l'oublie pas! répliqua Sophie. Bon! Conduis nous à l'étage, il faut qu'on aille à la rencontre de la population recueillir des témoignages.
Nous nous entrâmes dans l'ascenseur, invention qui dépita Blandine qui ne cessait de demander "A quoi ça sert d'avoir un truc qui nous monte à l'étage alors qu'il y a des escaliers?!". Arrivé au cinquième étage, le CDI, on entendait distinctement des cris d'au secour. Un tas de vêtement était en boule devant la porte. A peine j'eus fait un pas, le tas de vêtement sursauta et hurla. A y regarder de plus près, ce n'était pas des habits, c'était un humain. En y regardant encore plus près... C'était Seifer! Blanc comme un linge, des cernes creusés comme un canyon. Il avait la voix enrouée.
-Ah... Evan, c'est toi! Tout le monde se demandait où tu étais... On a cru que la Chose t'avait dévorée!
-Qui est la chose? lui demandai-je.
-Une bête ignoble! Elle a déjà tué le concierge... Un coup de griffe et deux heures après, il était mort!
-A quoi ressemble-t-elle?
-Elle a un buste de femme, un corps de lion et des ailes d'aigle.
-Une harpie! répondit Alice du tac-o-tac. Leurs griffes contiennent du poison et elles ne parlent que par insultes.
-Charmant... commentai-je. Où est-elle?
-Dans le patio...
Le patio était au premier étage, coincé entre les couloirs A et B, le hall d'entré et le Self.
Soudain, un cri déchira le silence.
-Oh mon dieu! s'exclama Seifer. C'est Edwige! Elle était partit chercher du pain au self pendant que la Chose dormait! Elle a du la réveiller!
Ni une ni deux, nous dévalèrent les 5 étages, pas le temps d'attendre l'ascenseur, pour arriver dans le patio. La Chose était au sommet d'un des trois arbres du Patio, elle tenait Edwige, qui se débattait et qui semblait ne rien avoir, par la col de sa chemise.
-Lâche moi sale bête!
-Tu vas m'causer autrement salope!
Ah oui, effectivement, pas très commode la bête!
-Salope? Tiens!
Edwige venait de donner un coup de pied dans la poitrine nu de la harpie qui hurla de douleur et la lâcha. Sophie courra et rattrapa élégamment Edwige qui la remercia.
Pas le temps de dire merci! Cours vers Evan, dis lui d'utiliser son accréditation!
Edwige ne chercha pas à comprendre et vint me passer le message avant de courir, un sac remplit de pain dans le dos, en direction du CDI.
Alice s'approcha de l'arbre, d'un pas décidé et hurla.
-Dis donc grognasse! Ramène ton cul ici si t'es une femme!
J'étais sur le cul! C'était la première fois que j'entendais Alice parler comme ça! Sous son apparence de petite fille timide se cache en fait une vraie tigresse!
-Avec plaisir connasse! injuria la Chose.
Contrairement à ce que je pensais, alors que la bête fonçait sur elle, Alice était calme, les mains sur son ventre, les yeux fermés, elle ouvrit la bouche et... chanta?!
-Oui petite harpie, je vais t'emmeeeeeneeeeeeer, daaaaaaans le jardin des damnaaaaaaaations! Oui petite harpie, suis moi, viens, daaaaaans l'enfer de la moooooooort!
La bête tomba en plein vol. Elle semblait envoutée! Elle marchait, calmement, vers nous. Elle s'arrêta devant Alice, qui chantait encore, et s'assit devant elle, pour l'écouter chanter.
Blandine tendit sa main devant elle, une boule de cristal sortit de sa paume et elle appela Marion pour qu'elle lui envoie Romain et Barbara chercher la bête. Elle raccrocha et se tourna vers Alice.
-J'espère que ta voix est échauffée, Rominette et Baba n'arriveront pas avant une demi heure! T'arrêtes pas de chanter!